Zone crypte, zone miroir
À la frontière entre poésie sombre et anecdotes post-humaines, marqué par une réflexion désabusée sur la fin de tous nos vieux rêves, Zone cryptique, zone miroir ouvre des fenêtres sur des paysages et des personnages fantastiques. Il les referme, puis il les ouvre à nouveau : par le pouvoir de l’écriture et de la magie, les mondes ont changé, les personnages portent le même nom mais sont autres.
L’onirisme gouverne, souffrance et absence d’espoir dominent, mais elles sont battues en brèche par l’humour et une étrange, constante recherche formelle.
Structure rigoureuse, images folles, histoires vibrantes, on tient là certainement un des objets les plus accomplis du post-exotisme.
Sous la signature du collectif Infernus Iohannes, Zone cryptique, zone miroir est l’un des onze volumes parus simultanément chez des éditeurs différents, qui composent Retour au goudron : une ultime performance littéraire du post-exotisme, dont Antoine Volodine a longtemps été le porte-parole, et Lutz Bassmann, aux éditions Verdier, une des voix essentielles.
Survies minuscules
Infernus Iohannes nous propose ici sept « contes moraux » à haute teneur d’absurdité angoissante, dont les protagonistes n’ont pas toujours figure humaine. Loin de là. Toutefois, la moralité sur laquelle se terminent ces histoires a une portée générale, et elle sera peut-être utile au lecteur ou à la lectrice qui se retrouveront un jour dans un rêve post-exotique. Un exemple parmi d’autres : « Dans les auberges enfumées comme ailleurs, si possible éviter l’ivresse du succès, toujours annonciatrice de défaite. »
Retour au goudron est une installation monumentale, construite à partir de 343 cahiers bardiques aux rubriques régulières, à l’intérieur desquels figurent mille et une photographies d’un lieu désormais fantôme – le port intérieur de Macau –, ainsi que de nombreux textes inédits. Ces textes font l’objet d’une édition en onze volumes parus simultanément chez des éditeurs différents. Ainsi, sous la signature du collectif Infernus Iohannes, se clôt l’édifice du post-exotisme dont Antoine Volodine a longtemps été le porte-parole. Ultimes sursauts est l’une des composantes de cette spectaculaire performance littéraire.
Ultimes sursauts
Infernus Iohannes nous propose ici sept « contes moraux » à haute teneur d’absurdité angoissante, dont les protagonistes n’ont pas toujours figure humaine. Loin de là. Toutefois, la moralité sur laquelle se terminent ces histoires a une portée générale, et elle sera peut-être utile au lecteur ou à la lectrice qui se retrouveront un jour dans un rêve post-exotique. Un exemple parmi d’autres : « Dans les auberges enfumées comme ailleurs, si possible éviter l’ivresse du succès, toujours annonciatrice de défaite. »
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2026, Antoine Volodine sonne la fin du Post-exotisme, édifice littéraire dont il a été le porte-parole autant que la plume de bien des hétéronymes (Elli Kronauer, Manuela Draeger, Lutz Bassmann, Infernus Iohannes).
Ce dénouement survient autour d’un événement éditorial sans équivalent : 11 livres sous la signature du collectif Infernus Iohannes paraissent simultanément chez 11 éditeurs différents (Actes Sud, La fabrique, L’Olivier, Minuit, Rivages, La Marelle, Robert Laffont, Seuil, les éditions du sous-sol, La Volte et Verdier).
Mémoire, mode d’effroi
Leur mémoire est morte ou fluctuante, vertigineusement incertaine, leur présent se résume à une succession de cauchemars. Bien souvent, les personnages de ce livre ont peine à croire en leur propre existence. Ils se demandent même si un jumeau perdu ou un intrus n’est pas en train de parler à leur place. Ils se raccrochent à des souvenirs improbables pour tenir bon et poursuivre ce qui leur reste de rêve et de semblant de vie. Certains se situent dans un au-delà lugubre, d’autres se réfugient dans des épopées intra-utérines. L’ombre les entoure, leur malaise empire, de terribles violences passées les hantent. Et pourtant ils doivent marcher encore. La fin ne vient pas. Qu’elle soit désirée ou non, elle ne vient pas.
Les auteurs post-exotiques ont eu, depuis l’origine, un porte-parole – Antoine Volodine. Afin de couronner leur vaste édifice romanesque, ils publient Retour au goudron, un 49e titre, sous la signature du collectif Infernus Iohannes.
Malaise chez les plongeuses
Plonger, partir en apnée au fond des rêves, changer d’univers, pas de problème quand on a reçu un entraînement d’excellence. Or, une fois sur zone, les imprévus se multiplient, et les envoyées spéciales ne sont plus très sûres que leur mission ait un sens. Elles ont atteint l’au-delà du noir et elles sont seules. Sur la terre d’où elles viennent, rien ne va plus. L’humanité vit ses derniers moments, laïcs et religieux font alliance, comptant sur la magie, la prière et quelques voyageuses oniriques pour que l’espèce dominante ne s’éteigne pas : c’est dire où elle en est dans son naufrage, cette fameuse espèce.
– Si je résume, je vais devoir copuler, dans l’huile, avec une scolopendre, dit Sawannah.
– C’est ça, dit Schromm.
La Grande Misère
Un petit groupe de survivants avance sans relâche à travers des landes désertes. Parmi eux, une ancienne moinesse dont les prières semblent aimanter le désastre, et un barde qui, la nuit venue, chante la fin de tout. La marche s’étire, ponctuée de rencontres inquiétantes, d’attaques de loups, d’incidents tragiques qui démantèlent peu à peu la fragile cohorte. Sur leurs traces se met en route une étrange bonzesse chargée de remettre ces rescapés sur un chemin moins éprouvant. Mais pour ceux qui restent, l’errance se poursuit, prenant parfois la forme d’un western ralenti et déjanté.
Retour au goudron est un objet monumental, constitué de 343 cahiers bardiques aux rubriques régulières, à l’intérieur desquels figurent de nombreux textes inédits. Ces textes font l’objet d’une édition en onze volumes parus simultanément chez des éditeurs différents. La Grande misère est l’une des composantes de cette ultime performance littéraire. Ainsi, sous la signature du collectif Infernus Iohannes, se clôt l’édifice du post-exotisme dont Antoine Volodine a longtemps été le porte-parole.
Dernière Livraison
Signé par le collectif Infernus Iohannes, Retour au goudron est le 49e et ultime titre de l’édifice post-exotique.
Il est constitué d’un ensemble de 343 brochures bardiques qui répondent toutes au même modèle : une page de titre au bouddhisme dévoyé, quatre photographies rendant compte d’une plongée dans un monde fantôme – le port intérieur de Macau, aujourd’hui disparu ou presque –, des récits de rêve, une quatrième page « du même auteur » ou « des mêmes auteurs » fantaisiste, et, comme corps littéraire central, des textes romanesques ou assimilés. Des milliers de pages appelées à voir le jour sous forme d’une exposition immersive et gigantesque.
Après avoir édité deux de ces brochures bardiques en 2022, La Marelle publie avec Dernière livraison les sept dernières. Cette publication s’intègre dans l’adieu du post-exotisme à ses lecteurs : onze volumes, parus simultanément chez onze éditeurs différents, qui reprennent les textes composant le cœur des brochures.
Et, comme il s’agit bien d’un adieu, la brochure N° 343 se referme sur la phrase que le porte-parole du post-exotisme, Antoine Volodine, a depuis longtemps promise pour clore l’édifice : « Je me tais. »
Défections et Cie
Morts ou vivants, soldats perdus, moines épuisés, justiciers de seconde zone, les personnages de ce livre ont en commun une tendance refoulée à la rébellion. Des chefs lointains, des maîtres idiots les ont poussées dans une impasse. Le destin les écrase. Rôdent alors des solutions suicidaires, ou l’idée d’abandon, ou encore le tabou de la désobéissance. Frère 1011, par exemple, a abouti sur une plage après la destruction totale du monde. Va-t-il écouter les conseils des déités qui bronzent à côté de lui, et qui prétendent que tout est fichu ? Ou partira-t-il évangéliser les crabes qui sont les seuls survivants du désastre ?
Retour au goudron est une installation monumentale, construite à partir de 343 cahiers bardiques aux rubriques régulières, à l’intérieur desquels figurent mille et une photographies d’un lieu désormais fantôme – le port intérieur de Macau –, ainsi que de nombreux textes inédits. Ces textes dont l’objet d’une édition en onze volumes parus simultanément chez des éditeurs différents. Ainsi, sous la signature du collectif Infernus Iohannes, se clôt l’édifice du post-exotisme dont Antoine Volodine a longtemps été le porte-parole. Défections et Cie est l’une des composantes de cette ultime performance littéraire.
Bardo Solo
Bardo solo est l’une des composantes de Retour au goudron, l’ultime performance littéraire du post-exotisme. Bardo, parce que c’est ainsi que se nomme le monde flottant où le décédé chemine quarante-neuf jours avant de renaître, assailli par des visions, des souvenirs et des rêves. Solo, parce que cette longue marche s’effectue sans compagnon ni compagne. Ici, Infernus Iohannes choisit de mettre en scène cette déconcertante épreuve. Il imagine un spectateur assistant à quarante-neuf saynètes successives, parcourant une mort devenue théâtre, avec des comédiens et des comédiennes qui ne tiennent pas compte de lui, ou parfois s’adressent à lui sans attendre qu’il réponde.
Retour au goudron est un objet inclassable, composé de 343 cahiers bardiques aux rubriques régulières, à l’intérieur desquels figurent mille et une photographies d’un lieu désormais fantôme – le port intérieur de Macau -, et aussi, naturellement, de nombreux textes inédits, qui aujourd’hui font l’objet d’une publication en onze volumes parus simultanément chez des éditeurs différents. Ainsi, sous la signature du collectif Infernus Iohannes, se clôt l’édifice du post-exotisme, dont Antoine Volodine a longtemps été le porte-parole.
Chagrins
Deux sœurs confrontées à la mort et à la séparation ; une femme qui découvre que son existence répétitive est une illusion ; deux frères qui se rejoignent dans l’enfance, dans le sang et dans la magie des dragons. Sororal ou fraternel, l’amour ne peut plus transformer l’inquiétante réalité : il est trop tard.
Comme souvent dans les fictions post-exotiques, l’humour tempère l’horreur. La mélancolie est ici à l’honneur. Mais au premier plan sinue la vieille, l’essentielle interrogation : qu’est-ce qui peut bien nous attendre après la vie ?
Avec Retour au goudron, sous la signature du collectif Infernus Iohannes, se clôt l’édifice du post-exotisme dont Antoine Volodine a longtemps été le porte-parole. Chagrins est l’une des composantes de cette ultime performance littéraire.